Le retour de l’assiette au beurre ?

 

            Tout le monde a encore à l’esprit ces vieux illustrés du début du XXème Siècle. Grossiers pamphlets anarchistes, souvent peu constructifs, critiques à l’extrême, cherchant manifestement à exaspérer la plèbe plus qu’autre chose. Un canard enchaîné avant l’heure, si l’on rajoute les caricatures. Pourtant ce sont ces dernières qui marquent encore les esprits : dessins de capitalistes de la IIIème, grosses joues, l’air exécrable. Pour nos yeux de collégiens parcourant les livres d’histoire, ces images semblaient venir d’une période à jamais révolue. Jamais nous n’aurions pensé qu’un jour ces images puissent réapparaître dans la presse contemporaine. Oh, pour sûr, notre Vème république est venue à bout de tous ces suppôts de l’inégalité en finissant en beauté sur une méritocratie sarkozienne : tous les hommes sont enfin égaux ! Qu’advienne le hollandisme, dernier coup de brosse, pour forcer les vraies élites à devenir médiocres afin de lisser tout ça que diable… et bref la société n’en sera que plus belle ! Passons.

Mais, horreur, je les ai revus ! Je n’en croyais pas mes yeux. Je vous refais le tableau. Une cinquantaine de jeunes gens baptisés « veilleurs debout » attendent, immobiles devant le ministère de la justice. Tous biens mis sur eux, le visage clair, certains parlent à mi-voix, d’autres sont penchés sur des lectures diverses mais souvent bien choisies -allant d’Histoire d’une âme à Jean Sevilla pour faire court- ils relèvent parfois les yeux vers les grandes fenêtres du ministère de la justice, durcissant leur regard pour les faire résonner comme une sorte d’avertissement : « nous sommes là ». Là haut, des silhouettes vont et viennent, jetant des regards méprisants sur cette jeunesse qui les surpasse de mille mètres contrairement à ce que l’on imaginerait objectivement parlant. Sur les coups de quinze heures, la « France d’en-haut » quitte ses bureaux…ils ne peuvent plus se cacher dans l’ombre de leur grands rideaux à franges. Passant le porche, ils se retrouvent dans la lumière éblouissante de la place. C’est eux ! Ce sont les mêmes ! Gros, gras, dans leurs complets vestons, ils attendent leur chauffeur.

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            Ils regardent ces jeunes, l’œil narquois et un sourire moqueur aux lèvres. Eux sont les vieux profiteurs, cupides et corrompus, face à eux se tient debout une jeunesse de sacrifice qui serre les poings et tient bon. Deux mondes s’opposent dans un duel de regard terrible. Une grasse bourgeoisie déjà dépassée et une sorte de noblesse renouvelée, jeune et qui commence à entrevoir le prix de chaque chose.

Il est incroyable de voir à quel point tout semble séparer ces deux univers. La caste politique, journalistique et administrative s’est définitivement coupée d’une partie de la population et j’ose le dire, la meilleure ! Ils ont décidé d’aller chercher les médiocres pour leur succéder. Il suffit de voir les dégaines des stagiaires sortant des bureaux sur les talons de nos nouvelles têtes caricaturales pour comprendre que leurs lendemains chanteront…d’étranges lamentations. Ils sont aveuglés, refusent de voir la réalité qui se dresse devant eux ! Incarné par ces statues vivantes, souriantes mais graves, le réel ne trouve plus aucun écho chez cette classe qui n’en finit plus d’être pourrie, entachée par les scandales financiers ou moraux. Ils sont une caricature se rapprochant dangereusement de celles évoquées. A la différence, que ce coup ci, ils ont manifestement peur. Ils se moquent le matin, ironisent le soir, mais le lendemain il froncent les sourcils en demandant aux CRS de nous parquer plus loin…ils sentent que chaque jeune regard de plus qui se pose sur eux est comme le plat d’une épée : droit et solide à l’image de celui à qui il appartient. Ils nous ignorent, ironisent, disent que nous abandonneront un jour ou l’autre.

« Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur… » (Chevalier de Charrette). Dressons nous ! Soyons tout ce qu’ils ne sont pas. Lisons la Varende quand eux lisent des romans de gare à tendance porno. Marchons droit et la tête haute quand eux sont avachis sur les bancs de l’assemblée. Rivalisons de saine charité entre nous quand eux passent leur temps à se calomnier et s’insulter. Ayons le souci du travail bien fait quand eux ne veulent que leur salaire et quittent leur bureau à 15 heures. Enfin et surtout, prions quand eux regardent leur horoscope : préférons avoir dans notre poche un chapelet pour une nuit devant le ministère de la justice plutôt que des préservatifs pour une soirée entre collègues.

Mevel Brav

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Idéologie et totalitarisme

« Qui y-a-t-il en un nom – ce que nous nommons rose en un tout autre nom sentirait aussi bon. » Shakespeare soulève, ici, si ce n’est la, une des plus grandes problématiques de toute l’histoire de la philosophie. Combien d’encre a coulé pour tenter de concilier ce que Platon avait rompu : les idées et la réalité sensible ? Les conséquences de cette rupture métaphysique sont nombreuses. Outre le fait qu’elles ont alimenté de multiples querelles entre les différentes écoles de pensée, elles ont eu et ont encore actuellement des répercussions sur la conception de la société, de la famille et même de l’être humain. A l’heure où il s’agit davantage de déconstruire la pensée, il pourrait sembler inutile de se pencher sur ces questions bien théoriques ; cependant, l’Histoire nous l’a prouvé, les idées guident le monde, un monde fait d’hommes, eux-mêmes souvent victimes d’idéologies perverses. De ce fait j’ai la prétention de croire qu’à défaut d’être cousin du bonobo, l’homme n’est pas un mouton de Panurge. Le cœur du problème consiste à s’interroger sur les relations entre le réel, le mot et l’idée.

En bon philosophe, partons du bon sens : seuls les individus en tant que tels sont observables ; force est de constater que personne n’a encore croisé sur son chemin, l’humanité ou l’animalité se promener. On pourrait alors conclure que les mots utilisés pour classer tels genres ou espèces sont finalement factices et n’ont aucune réalité dans le monde sensible. En poussant le raisonnement plus loin, comme l’on fait les nominalistes, on en déduirait que tous les mots qui pourtant renvoient à un objet réel, ne sont que des noms communs, commodes pour classer les choses par pure utilité. C’est alors que la rupture s’opère : les mots ne correspondent plus à la nature des choses et sont donc révisables sans pour autant changer les choses. Ainsi l’espèce humaine n’existe plus, seul Philippe, François et Nathalie existent ; ceux-ci n’ont plus pour point commun d’appartenir à la même espèce, ils n’ont d’ailleurs plus aucun point commun, ils ne sont que des individus. La première conséquence la plus notable est bien évidemment un individualisme forcené : pourquoi servir les intérêts de l’Autre puisqu’il m’est aussi étranger ontologiquement, si ce n’est plus, que mon chien Robert ? La seconde conséquence est l’utilitarisme de la langue car si le langage ne renvoie à aucune nature, n’a aucune valeur métaphysique, il n’est qu’utilitaire pour se « rendre comme maître et possesseur de la nature ». Par conséquent libre à l’homme de le changer, de le moduler de telle sorte qu’il ne soit plus soumis à des catégories futiles, au dictât d’un temps révolu ; si comme Barthes l’a dit « la grammaire est fasciste » alors l’utilisation du Dictionnaire des cités devient un acte salutaire de résistance. De même l’étude de la théorie du Genre en cours de sciences et vie de la terre –et non en cours de philosophie- devient une offensive à peine voilée contre les « archaïsmes moraux » d’une société imprégnée de christianisme. Le problème dans ce dernier cas reste identique : il faut, parce qu’il faut, s’affranchir de la langue car elle corromprait la nature.

En bref, tout ce qui peut sembler être le fruit du progrès, de l’évolution vers la synthèse finale n’est autre que l’aboutissement d’une idéologie née il y a déjà bien longtemps, dès la naissance de la philosophie. Il s’agit ici non pas d’apporter une réponse unique à un débat multiséculaire mais plutôt d’émettre quelques réserves face à des théories érigées à tort en valeur suprême de vérité. Quand la philosophie devient une idéologie, le totalitarisme n’est jamais loin.

Helen Ord

Idéologie

Ils l’ont fait !

« Messieurs les anglais, tirez les premiers… ! ». Lançant cette phrase à la bataille de Fontenoy, le comte d’Anterroches ne semblait vouloir que justifier la charge féroce qu’auront à subir les anglais. Effronterie assez téméraire mais tellement française !

Il semble que nous ayons trouvé nous aussi notre « casus belli » contre la justice et le gouvernement qui semble perdre les derniers pans de sa légitimité. Nous attendions, sans oser le désirer de vive voix, une sorte de martyr. Une personne dont le traitement par la police et la justice puisse nous donner de réelles raisons de rentrer en conflit ouvert avec le gouvernement. Toute l’arrestation et le procès de Nicolas n’est qu’un pastiche de justice. Rébellion et refus de donner son ADN… total : deux mois de prison ferme et 1000 euros d’amende. Amusant de voir que tout ce qui est relevé contre l’accusé ne provient que des conséquences de son arrestation et non de son propre fait. Cela fait des semaines que « levez-vous » prévient des dérives politiques des arrestations et procès. Nous en avons enfin la preuve formelle. Qu’attendons-nous pour faire feu à notre tour ?

Nous savions, à voir l’accentuation de la répression policière et judiciaire, qu’un jour où l’autre le gouvernement, par sa justice et sa police comme bras armé frapperait et fort. Nous l’avons cherché avouons le ! Nous sommes français et aimons les bavardes, ce serait malhonnête de le cacher ! Nous jouions avec le feu (ennemi ?) en multipliant les actions. Toutes nos sorties nocturnes, blocages de carrefour, harcèlements insaisissables par les CRS résonnèrent dans Paris comme une rengaine « Messieurs du gouvernement, tirez les premiers ! » Et ils l’ont fait ! De manière grossièrement maladroite d’ailleurs : Rébellion ? Allons donc, vous voyez vraiment cette France bien élevée se rebeller face à dix CRS le poursuivant ? Refus de donner son ADN ? L’absurdité de cette arrestation rend largement compréhensible un tel refus. Le communiqué de maître Pichon (ici) est la meilleure démonstration de ce que nous sous-entendons depuis longtemps. Nous rentrons dans une réelle phase de résistance. On ne joue plus.

Les tentatives de récupération de l’affaire par les différents mouvements de contestation que nous connaissons n’enlèvent rien à ce point essentiel qui sera fondateur de la lutte à venir : C’est un réel conflit qui s’engage, une lutte qui sera ouverte ! Plus question de manifestation dans un cadre démocratique. La légitimité et la légalité sont aujourd’hui trop distinctes pour que nous puissions les respecter toutes les deux. Il faut choisir.

Ce qui nous arrive est grave, très grave. Je n’oserais dire que « la patrie est en danger » étant donné les souvenirs qu’évoquent cette phrase, mais le concept est le même. La France est soumise à un système tyrannique, dictature de la prétendue majorité dont parlait Tocqueville. Faut ‘il nous y soumettre ? Fau’il  accepter encore et toujours d’octroyer une légitimité à ce gouvernement et plus largement au régime en place en attendant ?…

En attendant quoi ?! Combien de temps, de lois absurdes, d’iniquités, d’injustices, de jeunes emprisonnés, de bêtises gouvernementales faudra ‘il encore supporter pour que nous reprenions notre pays en main ? Les théories diverses et variées vont bon train dans nos repas familiaux ou soirées d’amis… la majorité s’accorde sur ce point : il faut un « homme providentiel », sans cela, tout est vain ! Bien, attendons cet « homme ». Mais ne faut ‘il pas le provoquer ? Sainte Jeanne d’Arc disait que « les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire. » Ici, Dieu pourrait nous donner un chef. Encore faut ‘il montrer que nous le voulons ! Personne, aucun grand responsable ne veut faire le premier pas, tant pis, nous prenons les devants, advienne que pourra !

Oui, la rébellion est, dès lors, effective. Le conflit est ouvertement engagé. Il y aura d’autres condamnations, d’autres prisons et peut être pire encore. Et après ? Et puis m….! C’est égal ! Dieu doit bien être de notre côté non ?

Mevel Brav

Il ne s’appelle pas Clément Méric

Tandis que nous sortions de chez une amie vendredi vers 18h30, nous avons croisé 4 personnes se revendiquant « antifas » qui nous ont insulté: nous leur avons demandé qui ils étaient, ils ont refusé de nous répondre, l’échange en est resté là. Moins de 2 minutes après, dans la même rue, une vingtaine de personnes nous sont tombées dessus, armées de planches à clous, de battes de Baseball, ainsi que de poings
américains et de couteaux. Un militant a été blessé; ayant pris un coup de planche à clous à l’arrière du crâne, sa tête a percuté une voiture, cassant le pare-brise arrière de celle-ci. Il a repris plusieurs coups de batte dans la tête au sol.

En deux semaines, les agressions ont éclatées à Angers vis-à-vis des militants. Il y a deux semaines, un jeune responsable politique engagé contre le mariage qui avait vu son hall d’immeuble dégradé à plusieurs reprises par des autocollants « SCALP » et NPA a été menacé chez lui par un homme se revendiquant « responsable de la CGT »; dans le même après midi, il a été agressé par trois individus pour ses opinions politiques. Heureusement, ceux-ci ont autant de courage physique que de cohérence dans leurs idées politiques… L’un d’eux cependant était présent aujourd’hui lors de l’agression, semblant être l’un des meneurs de la bande d’extrême-gauche.
Un autre militant pour la famille a également eu le plaisir de trouver des menaces de mort gravées sur sa porte.

A Angers les bandes d’extrême-gauche se montrent de plus en plus belliqueuses vis-à-vis de leurs opposants politiques, les veilleurs en ont fait les frais ces deux dernières semaines; à l’appel du NPA et du Front de Gauche, ceux-ci ont pu voir leurs veillées perturbées par des gauchistes (certains d’entre eux étant armés de casques ou de tiges en bois), lesquels sont allés jusqu’à crever les pneus d’un veilleur responsable des enceintes et du micro.

Ce climat montre que François Hollande, loin de rassembler les français comme il l’avait prétendu, mène une politique faisant monter les violences dans toutes les villes de France.

Vendredi un jeune homme aurait pu mourir également, et c’était peut-être dans les intentions des agresseurs; mais il ne s’appelle pas Clément Méric, n’est pas le fils de bourgeois de gauche, n’étudie pas à science-po. Silence des médias.

Jean-Eudes Palinacci

23 juin : Prisonnier Politique – Opération à Bruxelles

La France a connu depuis 8 mois une mobilisation intense pour défendre le droit des enfants à avoir un père et une mère. Le gouvernent a fait la sourde oreille et a refusé le référendum, prévu par la constitution, qui a été demandé avec plus de 700 000 signatures. Par la suite, le débat démocratique n’a pas réellement eu lieu et, pire que cela, le gouvernement français s’est laissé aller à un comportement autoritaire, et jusqu’à ordonner des centaines d’emprisonnements arbitraires dont le seul but est de faire taire l’opposition. Nous ne pouvons pas nous taire devant un gouvernement qui méprise les droits fondamentaux de son peuple.

Gregor Puppinck a souligné que ces abus viennent d’un pays qui se prétend exemplaire dans le respect des droits de l’Homme. Luca Volontè a dénoncé auprès du Parlement Européen les violences et la persécution arbitraire dont il a été témoin en France.

Nous, opposants et prisonniers politiques, mis en prison pour nos seules opinions, allons soutenir cette démarche : gardés-à-vue et sympathisants, tous unis, pacifiques, mais déterminés à dénoncer les abus de droits. Nous appelons tout ceux qui partagent nos opinions ou se sont fait réprimer arbitrairement, à se joindre à nous pour rendre visible l’effort de Luca Volontè et faire cesser cette répression politique Nous manifesterons devant le Parlement Européen le Dimanche 23 Juin de 14 heures 30 à 17 heures.

Des départs pour Bruxelles sont organisés samedi midi (avec logements) et dimanche matin. Départ et arrivée à Paris se feront à la Porte Maillot. Nous appelons les sympathisants des départements du Nord, et résidents de Belgique à nous rejoindre dimanche après-midi pour cette manifestation pacifique devant le Parlement. Pour toutes questions concernant les transports ou les logements, contacter :transport@prisonnierpolitique.fr